Des lumières insolites au-dessus de Québec

Le 22 mars 2016, des lumières insolites stationnaires au-dessus de la ville de Québec ont été captées par un vidéaste amateur. Avouons que le silence radio autour de ce cas inusité est particulièrement étrange.

Pour qui veut traverser la collection de faits du genre colligés par Charles Fort, on pourra lire les chapitres 24 et 26 du Livre des damnés ainsi que le chapitre 10 de Lo! Le second livre des damnés.

Voyez la vidéo du 22 mars dernier sur Youtube ici :

 

Charles Fort rêvait d’une conscience élargie

En traduisant la nouvelle «A Radical Corpuscule», de Charles Fort, je me suis rappelé un court récit SF de Damon Knight (émule et biographe de Fort, par ailleurs) : To Serve Man. Le titre anglais de cette œuvre de Knight est à double sens et je ne brûlerai pas le punch… car punch il y a, vous l’aurez saisi. Charles Fort travaillait avec soin l’art du double sens; après tout, n’a-t-on pas deux fois plus de chances d’interpeller et de véhiculer une certaine idée qui nous est chère, une idée que l’on nourrit comme un feu dans la nuit?

Je vous invite à lire la traduction inédite de «A Radical Corpuscule». La dissidence était non seulement un thème récurrent chez Fort à l’époque de ses nouvelles, mais également son moteur intellectuel. Permettez-moi de vous offrir, pour conclure simplement, une phrase de Cass R. Sunstein (l’auteur de Why Societies Need Dissent) : « […] Les dissidents produisent souvent des bénéfices qui retombent sur autrui, en offrant de l’information et des idées qui finiront par profiter à toute la société. »

On lira cette huitième nouvelle de Charles Fort traduite en français ici : Un globule rebelle

Charles Fort, un excentrique littéraire

Pour qui ne connaîtrait pas encore bien le père de l’insolite, voici un article tiré de l’ouvrage Les excentriques, de Michel DANSEL, publié chez Robert Laffont, 2012 (page 379).

FORT Charles (Albany, 1874 – New York, 1932). Cet excentrique, qui se considérait comme un sceptique, écrivait à son propos : « À ce jour, on n’a pas encore décidé si je suis un humoriste ou un savant. » Pour lui, les scientifiques étaient des dogmatiques qui éludaient ce qui leur échappait et qui estimaient leur vérité comme étant la Vérité, la seule, l’unique. Regardé comme un savant par les profanes avides de phénomènes étranges et comme un illumine par les savants, Charles Fort, qui débuta dans le journalisme, a passé sa vie à recueillir des anomalies et des faits inexplicables, troublants et non rationnels. Certains voient en lui le père de la recherche paranormale moderne. Ses livres portent essentiellement sur les mystères et les bizarreries qui, notamment, inspirèrent la littérature de fiction. Il semblerait même que Lovecraft (1890-1937), l’écrivain américain de récits fantastiques, fut l’un de ses épigones! Solitaire, esprit tourmenté, Charles Fort, apôtre d’un monde qui se situe toujours à la lisière du connu et de l’inconnu, du réel et de l’irréel, du possible et de l’impossible, se plaisait à ridiculiser et à critiquer les hypothèses scientifiques qui s’appuyaient sur des apparences de vérités. Il passa le plus clair de son existence à se complaire dans l’inexpliqué et dans l’inexplicable. Il prétendit, par exemple, que les mystérieuses lumières qui inondent le ciel pouvaient être des vaisseaux habités par des êtres vivants venus d’une autre planète, ce que l’on appelle aujourd’hui des ovni. Il rassembla, sous forme de fiches, nombre de faits déroutants comme les phénomènes de combustions humaines spontanées, de disparitions inexpliquées, de cataclysmes étranges, de formes et de couleurs bizarres qui apparaissent parfois dans les airs ou sur la mer. Il avait baptisé sa banque de données son « Sanatorium des coïncidences exagérées ». Quant aux fantômes, il savait également les prendre en considération! La venue des hommes sur la planète Terre, telle que prétendaient l’expliquer la science ou la religion, n’était à ses yeux qu’une magistrale supercherie. Pour lui, des êtres dotés d’une intelligence supérieure, en relation avec des sociétés secrètes, déposaient sur le globe des représentants de notre espèce. Nul ne le prit pour un écrivain de science-fiction et, par ailleurs, ses théories ne correspondaient pas à celles de la communauté scientifique de son temps. Cet excentrique fit école et fut même considéré par certains esprits rassasiés de théories par trop rationalistes, ou inaptes à les comprendre, comme un maître à penser.

Pour en savoir davantage sur cet ouvrage de référence intitulé Les excentriques, visitez cette adresse.

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